Des critères pour bien choisir

Suis-je appelé à être prêtre ?

Voilà une question difficile et parfois embarrassante, certes. Mais comment reconnaître ce don ?

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Le but ultime de toute vocation est l’union à Dieu, c’est-à-dire la sainteté. Ce chemin est pour tous ; certains sont appelés par Dieu sur une voie spécifique par la vocation au sacerdoce ou à la vie consacrée. Un tel appel est un don de Dieu à accueillir (et non un problème à résoudre !). Pour le discernement d’une vocation, l’Écriture et la Tradition de l’Église retiennent quatre critères qui se complètent et proposent les moyens adaptés pour faire de sa réponse au Seigneur un acte d’amour libre.

 

Connaître le Christ
 

Qui veut connaître le Christ cherche à le rencontrer et maintenir avec lui un dialogue personnel et régulier comme un ami parle à son ami. L’écoute de la Parole de Dieu croisée avec la pratique des sacrements fait entrer dans le mystère de sa Personne divine. Concrètement, on recommandera à qui veut voir clair dans sa vocation au minimum vingt minutes de prière par jour, l’eucharistie dominicale et la confession mensuelle. Dans la lecture des Écritures, on découvre comment Dieu appelle et conduit son peuple dans l’histoire. Ainsi, on reçoit des clefs pour comprendre comment il intervient dans notre vie.
 

Aimer l’Église

Comment donner sa vie pour servir l’Église si on ne la connaît pas, si on ne lui fait pas confiance ? On a besoin d’elle pour discerner un appel. Il convient de choisir d’une part, un accompagnateur pour reconnaître l’œuvre de Dieu dans sa vie et d’autre part un groupe de jeunes pour prier, se former et apprendre à servir ensemble. Il est utile de faire appel au référent vocation de son diocèse, d’une congrégation ou d’une communauté nouvelle pour suivre un parcours de discernement adapté. La participation à la vie de l’Église au travers d’une paroisse, d’une communauté ou d’un mouvement, permet de mieux connaître la réalité de l’Église.

 

Discerner la présence de Dieu
 

Dieu a donné son Fils par amour pour le monde (cf. Jn 3,16). Le chrétien est l’âme du monde, il ne peut vivre hors de cet environnement que Dieu a créé pour l’homme. Le défi de chaque vocation sera de grandir dans la contradiction avec l’esprit du monde, non pas en le fuyant mais en l’aimant. Il est capital d’ouvrir les yeux sur la beauté de la création, sur toutes les bonnes œuvres de tant d’hommes et de femmes, pour s’en émerveiller et découvrir le monde avec le regard de Dieu. Dieu agit avec providence au quotidien et il est important d’apprendre à « faire mémoire » de sa vie régulièrement afin de discerner les signes de sa présence.

 

Reconnaître ses désirs
 

Dieu parle depuis les profondeurs de nos désirs comme le dit le Psaume : « J'écouterai ce que le Seigneur dira en moi » (Ps 84, 9). Dans la prière comme dans sa vie, on peut observer une variation de ses propres états d’âme : joie, tristesse, élans, résistances. etc. Il est possible d’écouter Dieu à travers la prise en considération de ces états d’âme et de leur sens spirituel.

Il s’agit en fait d’examiner avec docilité à l’Esprit Saint, dans la prière, ses pensées intérieures pour reconnaître si elles viennent de Dieu, du démon ou de soi. Saint Ignace de Loyola, fondateur de la compagnie de Jésus, distingue plusieurs mouvements de l’âme. Les consolations de Dieu sont des périodes de joie spirituelle profonde. Les « symptômes » de ces périodes sont la paix, la joie et l’épanouissement. On les distingue des « fausses joies » du monde qui sont superficielles et éphémères.

 

Les désolations peuvent être des conséquences du péché ou des résistances intérieures, qui se caractérisent par la tristesse, la lassitude ou le découragement. Durant ces périodes, saint Ignace conseille de s’en tenir aux décisions et aux engagements déjà pris. Ce n’est pas en pleine tempête qu’un bateau change de cap ! Mais la désolation peut avoir un effet bénéfique : permettre de faire l’expérience de sa pauvreté, de sa fragilité, tel un grenier obscur éclairé par un rayon de soleil qui fait apparaître la poussière. C’est l’invitation à une remise de soi plus radicale à l’amour de Dieu. Le Seigneur dira à sœur Faustine [1] que l’attitude la plus fondamentale du chrétien est la confiance en sa miséricorde.

Ces critères et ces outils sont utiles pour aller jusqu’au bout de sa vocation à la sainteté. Ai-je une vocation spécifique ? Si je prends les moyens adaptés pour avancer, un jour cet appel sera clair. Il est légitime qu’un homme qui aspire à la sainteté se pose devant Dieu la question du sacerdoce avant de s’engager dans le mariage. Celui qui aime a déjà la clef de la vocation chrétienne et peut prêter l’oreille à cet ultime conseil : « Prie comme si tout dépendait de Dieu. Agis comme si tout dépendait de toi. »

Xavier BIZARD,
responsable international des jeunes de l'Emmanuel.

(Source : "Il est vivant", n°174, juillet-août 2001, www.ilestvivant.com

 

 

 

1. Religieuse polonaise du XXe siècle à qui le Christ a révélé sa Miséricorde. Il lui demanda de diffuser ce message au monde entier (cf. Il Est Vivant N° 226).